En juillet 2003, des soldats français capturent un jeune homme d'une vingtaine d'années, et l'emmènent à la base militaire franco-suédoise de Chem-Chem, située à Bunia. L'émission de la chaîne publique SVT « Uppdrag granskning » a interviewé plusieurs soldats suédois présents, qui ont relaté les faits suivants :
- « L´homme était montré sur la base avec un lacet autour de la gorge par l´aide de camp du commandant français. Pendant les interrogatoires, qui se tenaient durant plusieurs heures dans le cantonnement français, il était, entre autres choses, soumis à une noyade fictive. On pouvait entendre les cris du prisonnier dans toute la base. »
- « Il arrive encore que je me réveille la nuit en entendant les cris. C´était comme si on étranglait un chat, personne dans le camp ne pouvait éviter de l´entendre. Celui qui dit qu´il n'a pas entendu parler de ça, il ment », confie un des soldats à Uppdrag granskning.
La ministre de la défense Michèle Alliot-Marie salue les forces spéciales suédoises à Bunia, le 1er août 2003. AFP / En une de Politis.fr : les forces spéciales françaises patrouillent près de Bunia, le 14 juin 2003. AFP
- « Plus tard dans la soirée, le prisonnier est emmené sur le terrain commun devant une tente d´état-major, ou les officiers suédois viennent juste de tenir une réunion. Le prisonnier est penché vers le sol. Un officier simule une exécution fictive en pointant son arme contre la tête du prisonnier, sans tirer. L'exécution fictive a été conduite par le commandant français de l'opération Artémis, le colonel Christophe Rastouil. La torture a continué toute la soirée, jusqu´a ce que le prisonnier, à minuit, soit emmené dans un véhicule français, avec un capuchon sur la tête, et mené hors du camp, vers une destination inconnue. »
- « Ils disaient qu´ils l´avaient relâché, mais la question est de savoir où. S´il l'ont libéré dans le camp adverse, cela signifie un arrêt de mort »